"Le cinéma, un art devenu bourgeois, fait par les bourgeois, pour les bourgeois ? C’est ce que nous démontre Rob Grams, rédacteur en chef adjoint de Frustration Magazine, dans son livre Bourgeois Gaze, la domination de classe au cinéma."
"Canal+ occupe une place centrale dans le financement du cinéma français.
La rupture annoncée par son président, Maxime Saada, avec les signataires d’une tribune anti-Vincent Bolloré révèle les tensions entre dépendance économique et liberté d’expression.
Pour en parler :
🎙️ Marie Masmonteil, productrice pour Elvézir Films, présidente du collège cinéma Syndicat des Producteurs Indépendants (SPI)
🎙️ Nicole Vulser, journaliste
🎙️ Thomas Paris, économiste, professeur à HEC et chercheur au CNRS. Spécialiste des industries culturelles."
"Alors qu’une tribune de professionnels du cinéma qui veulent « zapper Bolloré » met le feu au Festival de Cannes, des auteurs et autrices, universitaires et journalistes se mobilisent aussi contre la prédation du milliardaire d’extrême droite. Ils et elles témoignent dans notre émission."
"Sur la Croisette, Canal+ tente de faire régner la terreur après une tribune dénonçant l’emprise du milliardaire catholique intégriste sur l’industrie cinématographique. Les 600 signataires ont été déclarés persona non grata pour les futures productions du groupe. De quoi inquiéter la profession. Décryptage avec le streamer RiboDansLaSauce, le journaliste Anthony Cortes et le journaliste Cyprien Caddeo en direct du Festival de Cannes."
"Du néoréalisme aux années de plomb, en passant par Berlusconi, Mathieu Combe, doctorant à Paris 8, décrypte pour Silence Plato comment le cinéma italien a été, pendant trente ans, la seule arme capable de nommer le fascisme, la corruption d'État et la trahison des gauches.
"YouTube, TikTok, podcasts, réseaux sociaux : chacun peut désormais donner son avis.
La critique n’a pas disparu. Elle a changé de visage.
Autrefois capables de faire ou défaire la réputation d’un film, les critiques partagent désormais la parole avec des milliers de créateurs de contenu et de spectateurs en ligne.
Pour en parler :
🎙️ Antoine de Baecque, professeur d'histoire du cinéma à l'École normale supérieure
🎙️ Charlotte Garson, rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
🎙️ Charles Bosson, critique de cinéma et de séries, animateur du podcast “Overtime”
🎙️ Judith Beauvallet, critique cinéma à Écran Large, vidéaste sur YouTube avec sa chaîne "Demoiselles d’Horreur", et spécialiste du cinéma de genre"
"Retrouvez les articles et podcast de la revue emitaï ici : https://emitai.fr/
Lors de notre dernier cine club nous avons projeté APOCALYPSE NOW de Francis Ford Coppola suivis de WE WERE THE SCENERY de Christopher Radcliff : double projection pour un double de regard sur la guerre du Viêtnam, suivi d’un échange avec Corentin Lê d’Emitaï, revue de cinéma critique et décoloniale.
La cinéphilie occidentale nous entraîne-t-elle à célébrer le chaos psychédélique au détriment de nos luttes, de nos histoires, de nos désastres ? APOCALYPSE NOW n’est-il au fond qu’une opération de diversion, une vaste enfumade à l’odeur de napalm ? À la projection du film culte de Francis Ford Coppola succèdera celle d’un court-métrage signé Christopher Radcliff, WE WERE THE SCENERY, geste de démystification et de recentrement qui invite à se mettre enfin à l’écoute des murmures de la diaspora. On y verra dans quelle mesure une perspective décoloniale pourrait tenir tête à l’un des plus grands monuments cinématographiques de l’Empire, celui-là même qui continue, en Iran et ailleurs, à répandre ses flammes."
"The cinema of Japanese filmmaker Yasujiro Ozu is explored in this new exclusive TCM Original.
The creators Tony Zhou and Taylor Ramos are the duo behind the celebrated YouTube channel “Every Frame a Painting”, a collection of visual essays on matters of movies.
With Tony narrating, the duo reveal new insight and a richer appreciation of Ozu’s use of color in his films."
"Des Monty Python à "Brazil" et "L'armée des 12 singes", plongée dans l'univers baroque du réalisateur Terry Gilliam, au croisement de la satire, de la poésie, du cauchemar et de la comédie. Le parcours chaotique d'une véritable manufacture à rêves.
D'où vient l'imaginaire foisonnant de Terry Gilliam ? De son enfance à la Tom Sawyer, dans les forêts du Minnesota ? Des phénomènes de foire qu'il côtoya durant l'adolescence ? Ou de sa passion dévorante pour le magazine satirique Mad, qui dynamitait alors un pays corseté dans les clichés de l'American way of life ? Lorsqu'il débarque en Angleterre à la fin des années 1960, celui qui n'est encore que dessinateur s'illustre à la télévision, où il développe un style reconnaissable entre tous : l'animation, image par image, de collages déjantés. Il intègre au passage une joyeuse bande d’acolytes sur le point de changer la face de l’humour, les Monty Python. Après leurs sketches à la BBC, le succès fulgurant du film Monty Python : sacré Graal, que Gilliam coréalise, le propulse au rang de réalisateur demandé. Jabberwocky, son premier film en solo, adapté du poème de Lewis Carroll, affirme sa singularité visuelle et ses thèmes de prédilection : la misère et le merveilleux, au filtre d'un humour absurde, toujours sombre.
À hauteur d'enfant
Le documentaire de Benjamin Clavel revient en archives et entretiens sur le style unique du réalisateur, son appétit pour le merveilleux et la poésie, contrebalancés par un regard satirique et cauchemardesque sur l'état du monde. La carrière de Terry Gilliam aura connu son lot de succès (L'armée des 12 singes) et d'échecs (les millions engloutis du Baron de Munchausen, les fiascos successifs de Don Quichotte avant, enfin, un film en 2021), ainsi que ses relations houleuses avec les grands studios américains et leur obsession pour le happy end. Que serait devenu son chef-d'œuvre Brazil, charge désespérée (et prophétique) contre le néolibéralisme et la bureaucratie, si Universal Pictures avait eu le dernier mot ? Une plongée spectaculaire au cœur de la manufacture à rêves baroques de Terry Gilliam, qui aura toute sa carrière rejeté l'imaginaire étriqué des adultes pour créer à hauteur d'enfant."
Le cinéma de Terry Gilliam, L'imagination au pouvoir
Documentaire de Benjamin Clavel (France, 2022, 53mn)
"Everyone knows it’s hard to get college students to do the reading—remember books? But the attention-span crisis is not limited to the written word. Professors are now finding that they can’t even get film students—film students—to sit through movies. “I used to think, If homework is watching a movie, that is the best homework ever,” Craig Erpelding, a film professor at the University of Wisconsin at Madison, told me. “But students will not do it.”
I heard similar observations from 20 film-studies professors around the country. They told me that over the past decade, and particularly since the pandemic, students have struggled to pay attention to feature-length films."